Origine des baudets

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AUBY faisant partie de la commune de BERTRIX

 

Il me doit de vous faire savoir que les habitants de Bertrix s’appellent

 

 

« LES BAUDETS »

 

Mais d’où vient ce nom de « Baudets » ?

 

Surtout, paraît-il, par un entêtement typiquement ardennais et aussi parce que l’occupant autrichien les avait baptisés ainsi, vu leur manque d’empressement à obéir et leur résistance bornée.

Flattés d’être traités de «  Baudets » à la fin du XVII ième siècle, les Bertrigeois fondèrent l’Académie des Baudets en 1772, afin de parodier celle fondée à Bruxelles par l’impératrice Marie-Thérèse. Des personnalités marquantes en firent partie.

L’Académie des Baudets était un cercle d’irrédentistes maniant l’humour en rimes, tout en passant au crible les mesures prises par le gouvernement autrichien. Pour faire partie de cette Académie, il fallait posséder certaines qualités intellectuelles, humoristiques et satiriques. Les candidats devaient passer un examen en trois phases comprenant des exercices de corps et d’esprit.

Nul ne pouvait être proclamé académicien baudet sans avoir réussi la troisième épreuve consistant en exercices sérieux et en une aptitude spéciale pour une ruade et le cri national.

Le curé de Bertrix était membre de droit. Durant cette période, un poème en hommage au Baudet ( la Bertrixiade) fut créé par l’abbé Collard qui fut secrétaire perpétuel de l’Académie des baudets.

Le travail comportait 3.996 vers et était écrit dans un style rabelaisien. Les séances de l’Académie se tenaient chez l e doyen Baclain, président de la compagnie, et débutaient  toujours par la dégustation de vieux crûs. Ils savouraient le Bourgogne, tout en s’évertuant à rendre des points à Jean de la Fontaine et le secrétaire avait un mal fou pour résumer leurs discutions en un langage approprié.

La révolution française et les guerres apportèrent d’autres préoccupations aux habitants de Bertrix et l’Académie des Baudets, ayant perdu le sujet principal de sa création ( la haine des Autrichiens) cessas ses activités. C’était en 1842.

 

"  LA CHANSON DES BAUDETS  "

 

On tint tourtous a sé lieu de naissance                      ( On tient tous à son lieu de naissance )

Qu'on sot de Bastogne û bin de Librômont                     (Que l'on soit de Bastogne ou de Libramont)

El ci qu'est né à Libin û à Viance                                  (Et celui qui est né à Libin ou à Villance )

Ne comprint ni qu'on pe zèsse de Bouillon              (Ne comprend pas que l'on puisse être de Bouillon)

Mais mi dj' vous l'dis à tourtous sins ramatches         ( Mais je vous le dis à tous sans détours )

Pou veille dès dgeins qui t'nont à leu pays                     ( Pour voir des gens qui tiennent à leur pays )

Pou veille dès cîs qui sont fiers de leu viatch                      (Pour voir ceux qui sont fiers de leur village)

Faut n'aller à Bertrix, faut n'aller à Bertrix                  ( Faut aller à Bertrix, faut aller à Bertrix )

Un bertrigeo avot sté en Espagne                                 (Un bertrigois qui avait été en Espagne )

Pou veille Madrid è les villes dou pays                               (Pour voir Madrid et les villes du pays )

I l'y è veu dès vallées, dès montagnes                       (Il y a vu des vallées , des montagnes )

Et dès s'hoummes è dès bell's femmes ossi                   (Et des hommes et des belles femmes aussi  )

On l'est mouné, è ça cè l'pe comique,                              (On l'a conduit, et cela c'est le plus comique )

Al foire aux ânes qui s'tint là l' mercredi                    ( A la foire aux ânes, qui se tient  là le mercredi )

I s'dit touci g'nè bramin dès bourriques                          (Il se dit qu'ici il y a beaucoup de bourriques )

Ni cô ostant quà Bertrix, ni cô ostant qu'à Bertrix  (Pas encore autant qu'à Bertrix, pas encore autant qu'à Bertrix )

Dôu tint passé quand les impératrices                       ( Du temps passé quand les impératrices )

V'lin dou lassé d'ânesse pou s'y bagni                                       ( Voulaient du lait d'ânesse pour s'y baigner )

Tout's lès bourriques qui servint a c't'office              ( Toutes les bourriques qui servaient à cet office )

On  v'no de Rome lès ach'ter à Bertrix                            ( On venait de Rome pour les acheter à Bertrix )

Mais l'pe célèb dès Baudets, non d'eune pipe         ( Mais le plus célèbre des baudets, nom d'une pipe )

L'ci qu'est asteur bin chûr en paradis                                       ( Celui qui est aujourd'hui  bien sûr au paradis )

L'ci qu'èst mouné noss Seigneur en Egypte               ( Celui qui a conduit notre Seigneur en Egypte )

c'ère un Baudet de Bertrix, c'ère un Baudet de Bertri  ( C'était un baudet de Bertrix, c'était un baudet de Bertrix )